Dimanche 10 mai, à la Cité Béthel dans la commune de Limete, à Kinshasa, le pasteur Moïse Mbiye a fait entendre une voix singulière et courageuse. Alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution suscite de vives tensions au sein de la classe politique et dans l’opinion publique, il s’est fermement opposé à un groupe de pasteurs des Églises de réveil qu’il a qualifiés de «bande de lépreux».
Pour lui, ces responsables religieux, mus par des intérêts égoïstes, n’ont pas vocation à soutenir une initiative qu’ils n’ont même pas pris le soin de lire. Sa prédication, au-delà du cadre spirituel, a résonné comme un appel à la responsabilité et à la défense de l’intérêt du peuple congolais.
Dans un contexte où la question de la révision constitutionnelle divise profondément, la sortie du pasteur Moïse Mbiye apparaît comme un acte de courage. Il a rappelé que la mission première des pasteurs est d’enseigner la parole de Dieu et non de s’ériger en soutiens d’initiatives politiques controversées.
En dénonçant ces pasteurs qui se sont alignés derrière l’idée de révision, Mbiye a mis en lumière une dérive inquiétante: l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques. Pour lui, la Constitution est un texte sacré pour la nation, et ceux qui prétendent la modifier sans l’avoir étudiée trahissent à la fois leur mission spirituelle et leur responsabilité citoyenne.
Moïse Mbiye n’a pas mâché ses mots: il estime que ces pasteurs ne défendent pas le peuple, mais leurs propres intérêts.
Leur prise de position en faveur de la révision constitutionnelle serait motivée par des calculs personnels, loin des préoccupations des fidèles et des citoyens.
Cette dénonciation rejoint une inquiétude largement partagée dans l’opinion publique: la crainte que certains leaders religieux deviennent des relais de stratégies politiques, au détriment de leur rôle de guides spirituels.
La prédication du 10 mai a eu un retentissement particulier. Dans une société où les Églises de réveil occupent une place centrale, la parole d’un pasteur influent comme Moïse Mbiye ne peut être ignorée. Elle interpelle non seulement les fidèles, mais aussi les acteurs politiques et les leaders religieux.
En qualifiant ses confrères de «bande de lépreux», il a voulu marquer une rupture nette: pour lui, il est inconcevable que des pasteurs se compromettent dans des débats politiques qui menacent la stabilité institutionnelle du pays.
La sortie de Moïse Mbiye restera comme un moment fort dans le débat actuel sur la révision de la Constitution. En osant s’opposer à ses pairs et en dénonçant leurs motivations égoïstes, il a rappelé que la mission des pasteurs est avant tout spirituelle et morale.
Dans un climat politique tendu, sa voix résonne comme celle d’un prophète moderne, rappelant que la Constitution n’est pas un instrument de manipulation, mais un socle de stabilité pour la nation.
YAMAINA MANDALA

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